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Test World Of Warships (beta) sur PC

Tu me guide sur les floôots, vers ce fourbe de Yamatoôo

Le choix d’un setting permet de justifier, ou non, les choix de gameplay qui sont mis en oeuvre. Dans le cas de World of Warships (WoWs), les développeurs ont décidé de prendre la dernière période historique où les batailles navales rimaient encore avec gros canons, gros blindages, et tir à vue. Bref, une période de gentlemen avant que tout ne se perde, avec des missiles supersoniques autoguidés, des railguns, des lasers et autres choix de mauvais goût.

Conséquence? On transpose World of Tanks dans la mer, en ralentissant encore le rythme de celui qui a inventé le slow-FPS, couler un bateau blindé prenant notoirement plus de temps, et de coups, que faire sauter un tank. WoWs consiste donc à s’envoyer bordées de canons, torpilles, et escadrons d’avions les uns sur les autres, par équipes, au ralenti, de loin (donc en anticipant les mouvements), jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et mort s’ensuit. On a largement le temps de la voir venir.

Vu comme ça, c'est plutôt joli un Battleship au soleil couchant. Mais ca tappe fort, très fort.
Vu comme ça, c’est plutôt joli un Battleship au soleil couchant. Mais ca tappe fort, très fort.

 

Autre différence: sur la mer, pas de buissons pour se cacher, il y a bien des iles mais difficile de tirer à travers, et pas non plus de relief (il n’y a aucune implémentation de vagues ou même de météo pour le moment). Et puis l’inertie de vos vaisseaux contraint pas mal vos mouvements donc c’est à un rythme de sénateur que vous jouerez à WoWs à moins d’opter pour la classe des destroyers qui compense sa fragilité par une vitesse de pointe et un rayon de braquage sensiblement plus élevés que ses camarades..

Quatre classes de bateaux, des modules et arbres techno à débloquer, des équipages qui débloquent des skills et que vous transférez d’un navire à l’autre, tout le reste vous sera familier si vous avez joué à un autre titre de Wargaming. Visuellement ça reste le moteur maison: il fait le job, a quelques beaux moments, mais ne casse pas non plus trois pattes à un canetton, les caméras sont mal foutues, l’absence de vagues pour rester abordable dommage, et la représentation des dégâts minimaliste. Il faudra donc rester tolérant si vous avez joué à des FPS gros budgets type Battlefield 4, et se concentrer sur l’évitement de ces saloperies de torpilles balancées par paquets de 10 dans un passage entre deux iles.

 

Entre ciel et terre

Wargaming a inventé un genre nouveau avec World of Tanks (le FPS lent par équipes), et une forme de monétisation équilibrée pour un free-to-play (pas de pay-to-win mais pas non plus d’achats de pure cosmétique). Ces deux caractéristiques ont rencontré un vif succès, et l’éditeur cherche depuis à renouveler l’exploit, et la base client qui va avec.

Le choix des avions dans World of Warplanes était compréhensible d’un point de vue marketing (plus de passionnés d’avions que de tanks), mais désastreux en termes de gameplay: les avions obligent à gérer des déplacements en 3D, à éviter les collisions avec le sol, forcent le mouvement permanent, et démultiplient la complexité du jeu en équipe. Bref, une recette totalement différente de WoT qui, pour le coup, n’a pas rencontré le même succès commercial.

Warships représente le nouvel essai, avec une recette plus proche de WoT, agrémentée de quelques spécificités propres aux bateaux cuirassés de la seconde guerre mondiale.

D’abord on se déplace lentement, et avec une forte inertie. Ensuite on est conçus pour envoyer de grosses pralines et en encaisser un paquet avant d’aller manger les algues par la racine. Enfin, l’équipe de dev a fait le choix de simplifier les map en ne conservant qu’une surface plate (sans vagues qui créeraient un relief mouvant) et quelques iles pour servir d’obstacles.

Du coup, on se sent bien à la tête de 50 000 tonnes de métal et de poudre lancés à 20 noeuds sur de la flotte, et on se bat à un rythme sensiblement plus lent que dans WoT. Pour vous dire, il y a même un mode pour que la caméra suive les projectiles que vous venez de tirer, si ca ne sert pas à meubler les 15 secondes de reload, je ne sais pas à quoi ça sert.

la carte sur laquelle vous voyez votre equipe et tous les adversaires detectés (aucun ici). Vous pouvez également dessiner votre itinéraire pour l'autopilot.
la carte sur laquelle vous voyez votre équipe et tous les adversaires détectés (aucun ici). Vous pouvez également dessiner votre itinéraire pour l’autopilot.

 

Chasseur silencieux aux abonnés absents

Quatre classes de bateaux vous sont proposés, avec 3 variantes d’un même gameplay et un autre qui n’a rien à voir.

Seuls les plus légers et fragiles des bateaux proposés, les destroyers, connaîtront l’adrénaline du slalom en mer et de la mort rapide. Leur rôle est de signaler la position des bateaux adverses, de masquer temporairement les lignes de vues grâce à leurs écrans de fumée, et surtout de balancer des torpilles à courte portée, occasionnant (et de loin) les dégâts les plus importants.

Les croiseurs, bateaux moyens à tous points de vue, disposent de batteries anti-aériennes automatiques (vous ne les dirigez pas), tandis que les cuirassés ont les plus gros canons et le meilleur blindage. Le gameplay ne change pas fondamentalement, plus vous êtes gros, plus vous êtes lent, et plus vous vous rirez des fous qui vous affrontent frontalement. Jusqu’au moment où une volée de torpille arrivera dans votre direction et là c’est l’équipe adverse qui se marrera à vous voir tenter d’esquiver avec votre paquebot arthritique.

Les porte-avions sont pour moi encore un mystère. Après quelques parties avec le premier déblocable, j’ai du mal à m’enthousiasmer. Vous regardez une carte de la bataille et envoyez vos escadrons repérer et couler les bateaux ennemis ou bien chasser les escadrons adverses.

L’utilité en partie pour l’équipe est indéniable, par contre en termes de fun je suis plus dubitatif, C’est une forme de sous-RTS, très lent, où vous devez en plus faire gaffe à ne pas vous faire tuer.

Le grand absent de cette bande c’est évidemment le sous-marin, mais Wargaming a décidé de ne pas inclure cette classe dans son jeu. Elle aurait apparemment complexifié le gameplay et l’équilibrage outre mesure. Pas la peine de faire une pétition, il faudra attendre le prochain Silent Hunter d’Ubisoft.

 

Facile à comprendre, difficile à maitriser

Comme WoT, WoWs est un jeu dont on saisi rapidement les règles et fonctionnements basiques. Et comme son prédécesseur, les subtilités arrivent au fur et à mesure: quand utiliser des munitions perforantes ou explosives? Où viser sur les bateaux ennemis? Comment choisir entre un spread large ou étroit de torpilles? Comment bien se positionner sur la map pour éviter de se faire ganker par trois navires ennemis sans soutien de votre équipe? Comment éviter un raid aérien? Comment augmenter légèrement sa portée en tirant parti du gîte provoqué par un virage? Ces éléments s’apprennent avec le temps, souvent dans la douleur, où grâce à YouTube, et feront la différence entre un mauvais joueur et un amiral capable de porter la moitié de l’équipe à lui tout seul.

Wargaming a tenté une autre déviation par rapport à WoT: la complexité du jeu est dévoilée progressivement, au fur et à mesure des parties que vous faites, pour éviter de déstabiliser les nouveaux venus. Ainsi arrivent progressivement les batailles contre des joueurs humains, les missions journalières (pour gagner de l’argent), expérience libre (utilisable sur n’importe quel navire), les équipages et les équipements complémentaires (qui s’achètent).

Dans le port, vous choisissez le navire de votre prochaine bataille, gérez les upgrades et les équipages, débloquez les recherches...etc
Dans le port, vous choisissez le navire de votre prochaine bataille, gérez les upgrades et les équipages, débloquez les recherches…etc

 

Free to Sink

En termes de modèle économique, on est en terrain connu. Tout est gratuit, mais assez rapidement la progression se ralentit et encourage les joueurs à payer un abonnement premium pour avancer plus vite. Des navires premium, hors arbre de technologie sont également achetables contre des euros, permettant d’accumuler rapidement de l’argent ingame et d’entrainer ses équipages.

Des équipements et munitions premium, ainsi que des peintures de camouflage sont probablement à prévoir compte tenu du modèle WoT, donnant un avantage réel mais non critique aux joueurs qui les acquièrent.

Ce choix de vendre le confort et une progression plus rapide, tout en conservant un matchmaking équilibré (un bon joueur gratuit peut tout à fait gagner face à un moins bon joueur payant) a fait ses preuves, et il n’y a donc pour l’instant pas lieu de s’inquiéter outre mesure sur cet aspect du jeu de Wargaming.

 

Note: Après ce premier test , un autre membre de la rédaction a voulu exprimer son désaccord et son amour immodéré pour le dernier né des studios Wargaming. Vous trouverez ici son contre-test polémique.

 

Jeu: World of Warships (closed beta- tout peut encore changer)
Editeur: Wargaming
Développeur: Wargaming
Date de sortie: TBD
Genre: Team-based TPS/FPS ultra lent
Temps de pause avant écriture: 7 jours

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NastyYak

Trentenaire passé par l'industrie avant d'aller chercher bonne fortune ailleurs, j'aime la plupart des genres de jeux vidéo PC, avec un préférence pour les RTS et les RPG.

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