Test: This War of Mine sur PC

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Verdict après 3h30 de jeu:

85
On continue!

La vie est une question de priorités comme disaient les bâtons glacés. Et les glaces font partie des luxes qui disparaissent vite en temps de guerre. Les choix vous en ferez. Un paquet. A commencer par ce que vous allez construire pour aider votre groupe à survivre. This War of Mine est un très beau jeu, dur, qui ne pardonne pas. Une expérience marquante dont la réalisation est exceptionnelle. Je vous le recommande chaudement pour les soirées d’hiver.

Marko est mort cette nuit en allant chercher de l’eau

This War of Mine vous met à la tête d’un groupe de survivants, civils, pris dans une ville en guerre. Il n’y a pas d’autre objectif que de survivre, mais c’est déjà assez compliqué. Vos personnages ont des besoins basiques: manger, dormir, rester au chaud mais aussi plus complexes: garder le moral (merci les bouquins et la guitare), assouvir leurs addictions personnelles (clopes, café…), et éviter de faire des trucs trop crades (genre voler des petits vieux ou laisser mourir quelqu’un qui frappe à la porte) pour ne pas devenir complètement fous.

Le problème, c’est que pour faire tout ça il faut, chaque nuit, désigner un volontaire qui ira essayer de récupérer des choses à l’extérieur. Des éléments de crafting pour tout ce que vous allez construire, des ingrédients pour la bouffe, des trucs à échanger avec d’autres survivants…etc. Et ces runs deviennent rapidement dangereux: les militaires des deux camps se déplacent et n’aiment pas trop qu’on vienne farfouiller dans les locaux qu’ils occupent.

Du coup vos survivants se blessent, tombent malades, meurent. Ça fait déprimer le reste du groupe, et ça rend les choses sacrément plus difficiles.

 

Un membre de l'équipe en moins. Les cyniques verront une économie de nourriture mais la déprime qui va s'installer dans votre groupe va vous plomber un bon moment.

Un membre de l’équipe en moins. Les cyniques verront une économie de nourriture mais la déprime qui va s’installer dans votre groupe va vous plomber un bon moment.

Everyday i’m craafting

En termes de gameplay, on est sur une combinaison survival / builder / light action, le craft est evidement le cœur du jeu puisque vous allez avoir rapidement besoin d’être en mesure de produire vous même un certain nombre de ressources (récolter l eau de pluie pour la cuisine, faire pousser des plantes qui serviront ensuite à faire des médicaments, attraper des rats pour les bouffer…etc.), et de fabriquer des outils évolués pour aller explorer des endroits plus dangereux (pieds de biches pour les portes, scies pour les barreaux, armes, protections…). Il faudra ensuite planifier vos runs, et les gérer, en temps réel, façon Another World, en esquivant les ennemis, en faisant le moins de bruit possible pour ne pas attirer les rodeurs, en dealant avec d’autres survivants et en trouvant des moyens détournés de rentrer dans un batiment.

Rajoutez à ça le fait que le jeu est un rogue-like: pas moyen de charger une sauvegarde. Vous allez donc jouer et voir votre équipe mourir à petit feu sans pouvoir revenir sur vos erreurs. Et ça fait mal. Et comme disait l’autre, “les emmerdes ça arrive jamais seules”, donc quand ça commence à partir en live, ça va très TRÈS vite.

On est pas au niveau d’un Don’t Starve sur la complexité du craft et la liberté de mouvement dans le monde: ici vous avez une maison et une seule, vous vous y planquez, vous l’améliorez, et vous serrez les fesses et les dents en attendant que ça passe. La gestion du groupe et des différentes skills est chouette, et comme les lieux accessible à la fouille changent non seulement chaque nuit, mais sont également différents à chaque partie, il y a de la variété. Mais la difficulté ne pardonne pas.

Lors d'un run, le champ de vision de votre personnage est géré avec un très joli flou. Vous pouvez regarder à travers les trous de serrure pour savoir ce qu'il y a derrière une porte par exemple

Lors d’un run, le champ de vision de votre personnage est géré avec un très joli flou. Vous pouvez regarder à travers les trous de serrure pour savoir ce qu’il y a derrière une porte par exemple

Un exemple: Marko, mon meilleur farfouilleur part une nuit pour tenter de trouver de la bouffe. Ca fait déjà deux jours que j’ai fini de faire les restes, je n’ai plus de viande ou de légumes pour cuisiner quoi que ce soit, et les boites de conserves ont à peu près disparu de ma réalité. Les rats ne se laissent pas capturer et mon jardin ne fait pousser que des herbes non comestibles. Je l’envoie fouiller l’hôpital occupé par la milice. Après être rentré par une fenêtre que je lui ai fait crocheter, il trouve des matériaux de base (bois, métal), mais pas de nourriture. Je le fait descendre d’un étage, déblayer un tas de terre qui bouche un passage, regarder par la serrure d’une porte. Je ne vois rien. Il sort et BAM! tir de sniper. Je le renvoie les mains vides à la maison. Sauf que je n’ai plus de pansements. Il va mettre 3 jours a mourir de ses blessures sous les yeux de ses amis qui vont déprimer de ne pas pouvoir l’aider. Pendant ce temps là mon cuisinier est tombé malade, ma négociatrice est partie aider des voisins et n’est jamais revenue et winter is coming, l’hiver arrive alors que je n’ai pas construit le réchaud. J’entends des intrus qui grattent à la porte pour nous voler nos affaires. C’est la merde.

Life is a movie in black and white, you’re just imagining the colours

Graphiquement c’est très chouette. 2D et demie, belles animations, très beaux jeux de lumière, tout en noir et blanc sauf certains effets atmosphériques, avec des textures mouvantes en background (oui c’est impossible à retranscrire à l’écrit) et des flous symbolisant les champs de vision. L’état des personnages est visible à l’affaissement de leurs épaules, au fait qu’ils traînent la patte ou se tiennent le ventre. On entend les bombardements qui résonnent au loin, et le grincement des portes que l’on ouvre sur la pointe des pieds. Rien à redire, l’ambiance est magistralement bien rendue.

Lorsque vous franchissez le premier mois, vous êtes déjà content

Lorsque vous franchissez le premier mois, vous êtes déjà content

Enfin, je dis top, mais on est des civils en temps de guerre. Donc en fait l’ambiance est absolument pourrie, atroce, moche. Les gens se font des crasses, ils meurent de faim, de froid, de maladies. Si vous accueillez une personne de trop, vous ne pourrez peut être plus nourrir votre groupe, si vous la refusez, elle va peut être mourir devant votre porte.
Les choix sont durs, la morale que vous choisirez de respecter vous sera personnelle. Personne ne vous jugera ou vous attribuera des bons points. Ce jeu vous rappelle à quel point la guerre dans la vraie vie c’est moche. Au moins ici vous pourrez recommencer une partie, en essayant de tenir un jour de plus. Ou deux. Winter is coming.

Quand un membre de l'équipe déprime, en plus de lui donner des occupations comme jouer de la guitare ou bouquiner, vous pouvez demander à vos survivants de se parler entre eux. Parfois ça améliore les choses, parfois ça les empire...

Quand un membre de l’équipe déprime, en plus de lui donner des occupations comme jouer de la guitare ou bouquiner, vous pouvez demander à vos survivants de se parler entre eux. Parfois ça améliore les choses, parfois ça les empire…

 

Jeu: This War of Mine
Editeur: 11 Bit Studios
Développeur: 11 Bit Studios
Date de sortie: 14 novembre 2014
Genre: Survival builder graphique à tendance dépressive pour voir la guerre autrement

About Author

Trentenaire passé par l'industrie avant d'aller chercher bonne fortune ailleurs, j'aime la plupart des genres de jeux vidéo PC, avec un préférence pour les RTS et les RPG.

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