Test: Shadowrun Dragonfall sur PC

0

Verdict après 15h de jeu

75
On ne s’arrête
pas!

Un jeu excellent pour les joueurs qui aiment les aventures bien écrites avec un bon scénario et/ou qui sont fans du jeu de rôle papier Shadowrun.
Un jeu plus que potable pour les amateurs de RPG tour par tour.

SHADOWRUN DRAGONFALL – TU LA VEUX TA CURRYWURST CYBERPUNK?

AU DEPART DE SHADOWRUN…LES OMBRES

Tout commença avec Shadowrun, le fameux jeu de rôle papier en 1989, ses courses effrénées dans la matrice armé de ma carotte runique, épaulé par mes fameux compagnons des ombres, mon pote nain shaman crocodile qui n’arrêtait pas de bouffer des steaks, ma pote elfe samouraï des rues qui faisait des brochettes (fallait le nourrir, notre pote nain) avec les intestins des ennemis embrochés par ses implants palmaires et notre intellectuel de service, Einstein le troll, qui pouvait s’encaisser une grenade à fragmentation par biceps.

C’est un peu ça Shadowrun, un savoureux mélange de fantasy et de cyberpunk, ou des méga corporations dirigées par de puissants dragons gouvernent un monde futuriste mais plausible et ou la magie s’est éveillée au milieu de technologies modernes. C’est un monde cruel, ou vous incarnez un shadowrunner, un être sans vraiment d’identité qui gagne sa croûte en servant les bas intérêts des corporations. Et, la plupart du temps, vous vous faites entuber joyeusement par ces méchants Bill Gates. Votre groupe évolue dans une société complexe, régie par de nombreuses étiquettes, la matrice, des totems, des groupes de sécurité autoritaires, une police corrompue….bref, vous déambulez dans un univers qui s’est construit sur une dizaine d’années et ça se sent.

Ça c’est une des premières couvertures du jeu de rôle papier. Tu kiffes les 80’s hein (matez la perruque du mec qui se sert au guichet)

Ça c’est une des premières couvertures du jeu de rôle papier. Tu kiffes les 80’s hein (matez la perruque du mec qui se sert au guichet)

PUIS LE JEU VIDEO POST 2010

En 2013 Harebrained Studios lance un jeu vidéo, RPG tour par tour sur Shadowrun (après une longue absence de sorties sur la marque) : Shadowrun Return ou la résurrection numérique tant attendue par de nombreux fans, dont moi. Pour faire vite, le gameplay déçoit mais le scénario est solide et le tout est agrémenté par une direction artistique qui fait plaisir. C’est joli et fluide comme une petite chiasse d’après cassoulet William Saurin.

Vous remarquerez, c’est vachement plus 2010 non? Tête de mort avec des yeux qui BRILLENT et des vraies dents qui font PEUR, un petit masque à gaz, des tatouages tribaux et surtout une manière vraiment badass de porter sa mitraillette de 2050.

Vous remarquerez, c’est vachement plus 2010 non? Tête de mort avec des yeux qui BRILLENT et des vraies dents qui font PEUR, un petit masque à gaz, des tatouages tribaux et surtout une manière vraiment badass de porter sa mitraillette de 2050.

Mais revenons à nos moutons, à savoir, Shadowrun: Dragonfall.

Dragonfall est présenté comme un DLC de Return. Et pourtant c’est bien plus que cela. Harebrained a écouté ses fans et a modifié pour le mieux beaucoup de petits détails qui font, au final, une grosse différence: refonte de la matrice, plus de routes secondaires pour finir un niveau, nouvelle campagne avec des environnements exotiques (Berlin), plus de quêtes secondaires, plus d’équipements et surtout un système de sauvegarde revu et corrigé qui devient agréable.

En gros, il faut compter une vingtaine d’heures pour finir la campagne Dragonfall avec toutes ses quêtes secondaires.

Petit tips: l’arrière-plan, ou le fail du Dragon est un point non négligeable de l’histoire (et non il ne faisait pas du catch avec un autre dragon avant de tomber)

Petit tips: l’arrière-plan, ou le fail du Dragon est un point non négligeable de l’histoire (et non il ne faisait pas du catch avec un autre dragon avant de tomber)

LE BACK BODY DROP DU DRAGON

Dans Dragonfall vous incarnez un jeune et intrépide petit trublion qui vient de se faire embaucher pour un run par une ancienne connaissance, Monika, hackeuse à ses heures perdues. Elle vous intègre dans son gang de Shadowrunners et vous partez joyeusement tous ensemble piller un petit manoir teutonique de rien du tout.

Oui ça sent le schnitzel raté dès le début et l’opération dérape comme une bratwurtz de lendemain de fête ; votre escapade se transforme en kebab sur trottoir. La suite de la campagne est très bien écrite, mêlant intrigue principale fouillée et plein de rebondissements, de révélations et interactions avec les personnages secondaires qui peuvent faire partie de votre équipe de runners. Et c’est ça la grande force de cet opus, son histoire et cette qualité d’écriture qui donnent l’impression de lire un livre dont vous êtes le héros et ou le gameplay est finalement secondaire.

Si vous aimez ce genre de livre, vous allez être servis car vous pourrez fouiller l’histoire de chaque personnage (coucou Mass Effect) et la trame principale regorge de détails que vous pourrez découvrir et de rebondissements dignes des meilleurs épisodes de 24H. A noter que les personnages sont très bien construits et ont chacun un style particulier.

Glory, votre docteur du cœur, ou le personnage qui a certainement le plus de trous dans son passé.

Glory, votre docteur du cœur, ou le personnage qui a certainement le plus de trous dans son passé.

ET LE JEU DE ROLE LA DEDANS ?

Dragonfall, c’est un RPG…du coup á la création de votre personnage vous pouvez choisir entre plusieurs archétypes proposés directement ou bien vous pouvez créer l’ersatz de vos rêves. Les choix sont nombreux et sympas et détermineront des façons différentes de jouer la campagne. Vous pouvez par exemple incarner un Troll samouraï des rue qui va tout dézinguer a bout de shotgun mais qui n’aura malheureusement pas énormément d’options de dialogue ou bien un shaman humain, qui tentera d’abord de discuter avant d’en venir aux mains.

En termes de progression, c’est encore une fois bien rodé (on retrouve le système du jeu de rôle papier) et après chaque mission vous recevrez un paquet de point d’expérience qui vous servira à augmenter un attribut principal de votre personnage (corps, force, rapidité, intelligence, volonté, charisme) et des compétences secondaires (invocations, hack, esquive…)

Durant la campagne vous allez acquérir assez de points pour vous spécialiser dans votre domaine mais attention, adepte du grosbillisme passez votre chemin car ici, vous ne pourrez pas être bon partout. Pour autant la replay value n’est pas vraiment au rendez-vous car la campagne est assez linéaire et le nombre de sorts / équipement reste limité.

Le fameux écran de création de personnage ou l’importance du Hairstyle

Le fameux écran de création de personnage ou l’importance du Hairstyle

ET LA BASTON DANS TOUT CA ?

En termes de gameplay pur et dur, on est sur du « stratégie tour par tour avec vue de dessus ». Pensez Pillars of Eternity, ou Baldur’s Gate ou Wasteland 2. Alors, pour être honnête, le combat ce n’est pas vraiment la grande force de cette série, mais ce n’est pas non plus désagréable. Un peu comme une bière sans Picon, c’est mieux avec, mais ça reste loin d’être dégueu sans. Alors pourquoi c’est bof ? Parce que ça manque de piquant, ça manque de boss fights vraiment difficiles et tactiques, parce que finalement, les options sont limitées, tant en termes d’ennemis rencontrés que des stratégies à adopter de votre côté. Même si de temps en temps on voit que les développeurs ont fait un effort (cf. boss final).

Passez votre chemin si vous vous attendez à la diversité d’un Baldur, votre mage utilisera 5 sorts à tout péter, idem pour votre chaman. Votre decker lui aura un rôle particulier et ira se balader dans la matrice, mais lui aussi évoluera avec 3 ou 4 sorts dans sa poche virtuelle.

Alors, certes, vous pouvez vous amuser un peu en changeant la composition de votre équipe avant chaque mission pour ajouter un peu de piquant, mais reste que la difficulté des combats est basse et qu’on retrouve presque la mollesse et la répétitivité d’un Wasteland 2.

Scène de combat typique ou vous rencontrez des gens sympathiques attires par votre bradwurst.

Scène de combat typique ou vous rencontrez des gens sympathiques attires par votre bradwurst.

CONCLUSION

En conclusion, je conseille ce jeu à tous ceux qui veulent vivre un scenario de jeu de rôle et qui apprécient la qualité d’écriture. Si vous êtes principalement attiré par le système de combat, passer votre chemin et pensez Pillars of Eternity.

Aller je ne résiste pas à vous linker ce fantastique Troll de Shadowrun des années 90.

Ca c'est le genre de type qui boirait un bidon d’essence pour pouvoir pisser sur ton feu de camp.

Ca c’est le genre de type qui boirait un bidon d’essence pour pouvoir pisser sur ton feu de camp.

 

About Author

Comments are closed.