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Test Pillars of Eternity sur PC

Note: vous pouvez vous faire une idée des premières minutes du jeu en regardant nos vidéos ici et

Un pilier pour (ne pas) les dominer tous et dans les pixels les lier

Il se présente bien ce RPG old-school avec des centaines de lignes de dialogues, le choix entre 22 races et sous-races, un lore développé, des classes sympa. C’est clairement un jeu pour qui a aimé les remakes HD des Baldur’s Gate, essayé Divinity Original Sin et Shadowrun returns, kickstarté Wasteland 2, et fini par briser aussi sa tirelire pour le kickstarter de Pillars of Eternity (77 000 donateurs quand même).

Une création de perso qui fait saliver devant les choix disponibles.
Une création de perso qui fait saliver devant les choix disponibles.

Sauf qu’en fait oui, mais sans plus. Certes le début d’un RPG c’est vraiment une première bouchée d’un loong menu gastronomique.

Mais quand même. On est en 2015 et le old-school ça ne justifie pas tous les “mais” qui vont ponctuer vos débuts: Le lore est dingue, “mais” il vous est balancé en vrac. Les combats sont tactiques “mais” en pause active plutôt qu’avec des points d’action et vu le nombre de compétences c’est fouilli. Les graphismes sont chatoyants et détaillés “mais” ils pixelisent si vous regardez de près. Il y a plein de trucs à looter “mais” la gestion de l’inventaire est absurde; on aime les combats punchy “mais” les premiers sont humiliants…etc.

Oldies but goodies

Obsidian avait promis de revenir aux bases, tout en introduisant du moderne, on ne peut pas dire qu’ils ne l’ont pas fait.

  • Le monde complet, ciselé, documenté, riche, avec des dieux qui se mettent sur la gueule et des politiciens locaux qui se détestent? Check.
  • Une histoire principale qui vous désigne comme quelqu’un de “spécial”  qui doit résoudre un mal étrange mais va vous permettre de faire des centaines de quêtes annexes en chemin? Check.
  • La vue en 3D iso sur des décors faits à la mano avec des jolis effets de particules? Check.
  • La gestion de milliers d’objets, du craft, des dizaines de sorts et d’enchantements? Check.
  • Des combats qui commencent contre des loups et qui déroulent tout le bestiaire médiéval fantastique? Check.
  • Des centaines de combinaisons possibles pour son perso sans build obligatoire puisque toutes les caractéristiques servent à toutes les professions? Check.

Tout cela est juste est bon.

Age before beauty

Car oui il est juste et bon de louer la tradition. Manque de bol, ils ont aussi repris des défauts récurrent, et ils en ont rajouté d’autres.

La gestion de l’inventaire est un exemple parmi cent: chaque personnage à un inventaire limité (normal), pas par le poids mais par le nombre de cases (mouaiiiis). Sauf qu’en parallèle, le groupe dispose d’une “planque” (un coffre quoi), continuellement disponible, sur le même écran, et illimitée. Où est la contrainte du choix? La gestion du vol? Risible. Celle des fringues? incompréhensible (un camail ne rajoute aucun bonus d’armure).

Le "Stash", le coffre infini et toujours à portée de sac à dos qui retire la limite d'un inventaire sensément limité
Le « Stash », le coffre infini et toujours à portée de sac à dos qui retire la limite d’un inventaire sensément limité

On passera sur les traductions parfois hasardeuses (vu la quantité de texte, on peut comprendre, mais si vous le pouvez jouez en VO), mais quid de l’entrée progressive dans l’univers? On est tout de suite plongé dans un conflit impliquant plusieurs nobles, plusieurs dieux, et plusieurs époques, sans que personne ne nous ai vraiment expliqué tout ça. Le lore c’est comme le reste, ça demande une montée progressive, sinon c’est étouffant.

Rajoutez à ça une difficulté aléatoire, surtout au tout début avant d’avoir recruté vos premiers compagnons, et il y a de quoi décourager les curieux qui se demandaient si ils allaient franchir le pas (je ne parle même pas des fous qui auront tenté le mode difficile en ironman).

 

And pearls before swine

Ce jeu est fait pour les nostalgiques. Les gens qui ont joué aux RPG dans les années 90 et qui ont trouvé que tout ce qui avait suivi avait perdu en saveur: trop facile, trop court, trop linéaire, trop télescopé, trop beau.Il est aussi fait pour les patients, les esthètes, les gourmets, ceux qui savent qu’il faut parfois s’investir longtemps avant de pouvoir profiter.

Un conseil: ne zoomez pas sur les décors et les personnages. Ca passe de loin, mais faut pas non plus chercher la petite bete.
Un conseil: ne zoomez pas sur les décors et les personnages. Ca passe de loin, mais faut pas non plus chercher la petite bete.

Mais il ne s’adresse clairement pas à ceux qui veulent pouvoir jouer à un jeu sympa, beau, facile de prise en main et pouvant être joué sur des sessions courtes entre deux parties de Hearthstone. Ou d’une manière générale, il ne s’adresse pas à ceux qui ont apprécié les évolutions du genre sur les 15 dernières années : les choix de dialogues en temps limité (Alpha Protocol), les univers sandbox (Elder Scrolls, Fallout NV), graphismes et univers à tomber (The Witcher), multijoueur ou coop (Divinity) pour ne citer que quelques exemples.

 

Jeu: Pillars of Eternity
Editeur: Paradox Interactive
Développeur: Obsidian Entertainment
Date de sortie: 26/03/2015
Genre: Old School RPG
Temps de pause avant écriture: 3 jours

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NastyYak

Trentenaire passé par l'industrie avant d'aller chercher bonne fortune ailleurs, j'aime la plupart des genres de jeux vidéo PC, avec un préférence pour les RTS et les RPG.
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