Retro Test: Atom Zombie Smasher sur PC

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Verdict après 3h de jeu

70
On ne peut plus
s'arrêter

Atom Zombie Smasher se distingue par son atmosphère déjantée, sa bande-son mexicano-portnawak, ses bruitages merveilleux, et son très bon concept: un faux tower-defense qui va demander autant de reflexes que de planification, pour sauver un maximum de civils d’une invasion zombie. Il a le mérite de pouvoir se jouer à plusieurs en hotseat (même si c’est rapidement bordélique), de tourner sur toutes les machines, et de présenter un vrai challenge. Entre deux missions on pouffe devant les descriptions débiles des unités et on angoisse devant la carte à la Risk sur laquelle se déroule la campagne. On oublie très vite qu’on joue à un jeu qui aurait pu être créé en 2000: on est là pour sauver l’humanité et ca va pas être de la tarte.

En voyage a l’étranger, et restreint à un ultrabook, j’ai eu l’occasion de reparcourir ma librairie de jeux indés respirant bon le pixel et l’artisanat. Entre deux aéroports, partage d’impressions sur ces bijoux qui ont le double avantage de ne quasiment rien coûter, et de très bien vieillir: ils étaient déjà largement dépassés techniquement à leur sortie!

 

Atom Zombie Smasher est un jeu de survivants. Et d’artistes. Sous ses faux airs de petit jeu développé dans un garage, il concentre un paquet de bonnes idées, d’ailleurs primées lors de sa sortie avec plein de récompenses:

  • Penny Arcade PAX 10 Selection 2011
  • Gamasutra Top 10 Indie Games 2011
  • Gamasutra Top 5 PC Games 2011
  • IGF Excellence in Design finalist 2011
  • Indie Game Challenge Finalist 2012

Avec des pixels jaunes pour les civils (qu’il faut sauver), des pixels bleus pour les scientifiques (qui donnent des points de recherche), et des pixels violets pour les zombies (qui ne doivent pas toucher les autres sinon ils les transforment), le tout se déplaçant selon son bon vouloir et posé sur de jolis quartiers 2D dessinés à la main, on aurait pu penser que la douleur rétinienne nous aurait empêcher de percevoir la poésie qui se détache de ce titre.
Il n’en est rien.

Non je ne panique pas du tout. Il me reste 16 secondes pour éliminer tous les Zeds de cette map de niveau 4, et toutes mes artilleries viennent de tirer. Aucune panique je vous dit

Non je ne panique pas du tout. Il me reste 16 secondes pour éliminer tous les Zeds de cette map de niveau 4, et toutes mes artilleries viennent de tirer. Aucune panique je vous dit

Depuis les Comics absurdes qui nous sont offerts régulièrement, jusqu’aux petits bruits que font les “Zeds” en dévorant nos concitoyens, en passant par la réflexion nécessaire à l’utilisation de nos maigres moyens (snipers, barricades, artillerie… tous limités par des cooldowns) pour évacuer les civils, la mayonnaise prend extrêmement bien et on rentre tout de suite dans le mood. Il faut croire qu’un pixel c’est beaucoup plus évocateur, et ça vieillit mieux qu’un moche modèle 3D.

Les Zeds ont gagné cette bataille, mais pas la guerre. Enfin, j espère.

Les Zeds ont gagné cette bataille, mais pas la guerre. Enfin, j espère.

Finalement c’est un jeu de gestion de flux et de timing, il faut savoir diriger les Zeds là où ça nous arrange (dans ce joli parc par exemple), au moment où ça nous arrange (quand notre baril de TNT est prêt à exploser), et tout ça en ramenant un helicoptère à l’autre bout de la rue pour sortir de là ce paquet d’imbéciles qui n’ont rien trouvé de mieux que de squatter en pleine zone d’invasion.

La campagne est beaucoup plus dure que ne le laissent supposer les premiers niveaux et assez rapidement les régions envahies de Zed vont se mettre à générer plus de points de victoire que ce que vous arrivez à dégager de chaque mission en sauvant des gens. On comprend alors qu’il s’agit d’une course qu’il faut mener en tête depuis le tout début, en engrengeant un maximum de point tant qu’on le peut encore.

Chaque région infestée de zombie leur donne des points de victoire. Là il y'en a beaucoup trop, et je suis déjà à la bourre au classement général. Ca va être le moment de recommencer une campagne.

Chaque région infestée de zombie leur donne des points de victoire. Là il y’en a beaucoup trop, et je suis déjà à la bourre au classement général. Ca va être le moment de recommencer une campagne.

A chaque mission se pose la question du sacrifice: quel partie du quartier dois-je abandonner aux hordes? Est-ce que je me sers de ce pack de civil comme un appât pour attirer une meute que je vais éclater avec un tir de canon orbital? Une métaphore de la vie finalement.

 

Jeu: Atom Zombie Smasher
Editeur: Blendo Games
Développeur: Blendo Games
Date de sortie: 14/03/11
Genre: Gestion d’épidémie matiné de tower defense sur un lit de pixel art

About Author

Trentenaire passé par l'industrie avant d'aller chercher bonne fortune ailleurs, j'aime la plupart des genres de jeux vidéo PC, avec un préférence pour les RTS et les RPG.

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