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Contre-test de Cities: Skyline sur PC

Après un premier Test par Maniac concluant sur un « on ne peut pas s’arrêter », un autre membre de la rédaction a voulu exprimer son point de vue sur la référence des city-builders. Ci dessous, son contre-test:

Temps de jeu pour ce test: 6h
Verdict après cette première bouchée: On a aimé mais on arrête la

Mon avis en Bref

Cities: Skyline est une dystopie terrifiante, où les hommes aiment vivre ensemble, dans des mégalopoles sublimes et infinies.

Cette phrase d’introduction est censée respecter la loi des 3 unités du théâtre subventionné, puisqu’elle résume la force du jeu (des programmers swagetsoin) ainsi que sa faiblesse mortelle (la relégation des game designers à une minorité inaudible dans l’équipe de développement). Personne ne sait jamais vraiment qu’elle est la 3ème unité anyway, tout comme personne ne sait vraiment pourquoi Paradox a réussi là où EA a échoué.

Cities:Skyline est bien la nouvelle référence du city-builder, mais c’est une référence technique, éventuellement esthétique. Pas de design.
Ça n’est pas un mauvais jeu, mais il reste un peu trop simple et trop linéaire, il fait tout scaler sauf le challenge, vous laissant pour toujours dans votre zone de confort, satisfait et repu, au milieu de vos consom´acteur citoyens qui marchent calmement avec vous vers le progrès et la paix sociale retrouvée.

 


 

Mon avis en pas Bref

Note: Afin de faire monter le buzz et de maximiser l’audience, les clics, les likes et le DARPU, les titres de cette partie ont été adaptés aux goûts du lectorat des internets. Ceux qui lisent buzzfeed et Yahoo News.

« Ces points forts de Cities Skyline vont vous étonner ! »

  • Passer en mode caméra libre et suivre un de vos citoyens éclaires traverser 50km de votre ville de 170 000 habitants est une expérience hypnotique, fascinante. L’immersion repose sur des choses très simples (les sons, l’info donnée sur le citoyen) et très complexes (la sensation que c’est MA ville, mes choix, mon fils ma bataille)
Fallait pas qu'elle s'en aille
Fallait pas qu’elle s’en aille
  • Le jeu est techniquement léché, les maps sans loading sont plus immenses que le plus immense de tes MMOs morray
  • L’interface est de qualité, simple et facile. La disposition ET L’UPGRADE des routes est un plaisir. On le remarque peu, mais cette innovation est un exploit pour un genre aussi vieux.
  • La possibilité d’un mod. Le modding du jeu est forcément une très bonne nouvelle sur le long-terme. Mais comme chez Houellebecq, l’espérance est vaine et la dépression la seule réponse face à l’absurdité du design: les mods ne corrigeront jamais vraiment les défauts du jeu.

« Regardez la réaction de cette mannequin quand on lui parle des côtés regrettables et regrettés de Cities: Skyline »

  • Trop facile. Les Builders sont des jeux de lutte contre l’entropie, on construit jusqu’à ce que l’ensemble soit trop lourd, trop corrompu, trop cher, et alors on détruit, on modernise, le ministre décrète quelques réformes et ca repart. Rien de tout cela ici, les systèmes « hostiles » (crimes, incendies, rejet de l’impot, de la pollution, du trafic) ne sont pas assez hostiles.
    Dans les villes de grande solitude, vos citoyens éclaires, domestiques par 2000 ans de servitude, ne se révoltent plus.
    Une fois la zone de confort atteinte, les services a 150%, les impôts entrant à flots, les bâtiments uniques globalement unlockés, le constat est sans appel: F A R, y a rien a faire.
  • Pas de criminalité, d’émeutes ethniques, de corruption, de communautarisme, de scandales, de bidonvilles, de trafic de drogue, de haines recuites, de séparatisme… Difficile de croire à cet univers quand on est Français. Mais surtout, impossible de créer autre chose que le bisounoursland de Paradox. Ceux qui aiment établir des dictatures prussiennes dans Civilization zeront très dézappointés, ceux qui aiment Philippe Muray aussi.
« La vieille Babylone est devenue Babyland »

 

  • Les subtilités ne sont pas vraiment expliquées. On ne comprend pas pourquoi les morts s’accumulent malgré la vingtaine de crématoriums, ni l’intérêt des décharges quand il y a les incinérateurs. L’impact des bâtiments uniques est lui aussi assez cryptique.

 

Cet univers parallèle s’adresse aux plus pointus de la SciFi pastel et joyeuse, la plus terrifiante de toutes.
Des villes immenses ou le parc humain est globalement satisfait et croit au progrès social: on se fait peur une fois, et puis on retourne a des jeux « enracinés dans la réalité ».

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